L’optimisation du début des rentes publiques

Dany Provost

B. Sc. Act., D. Fisc., CFA, Pl. Fin.

Directeur planification financière et optimisation fiscale

SFL Expertise

L’optimisation du début des rentes publiques

La décision de reporter le moment où un client ou une cliente commence à recevoir ses rentes publiques de retraite, notamment celles du Régime de rentes du Québec (RRQ) et de la Pension de la sécurité de la vieillesse (PSV), est fréquemment abordée en planification financière. Malgré l’abondance d’analyses disponibles, cette décision est encore souvent traitée à partir d’un cadre conceptuel qui peut présenter des limites importantes.

Le problème de base

Il est malheureusement généralement impossible de répondre à la question : « Quel est l’âge idéal pour demander ma rente de retraite? » À part si votre client ou cliente affiche un état de santé manifestement précaire — et encore — cette question repose sur une hypothèse implicite quant à la durée de vie qui ne peut être déterminée avec certitude.

Ainsi, votre meilleure réponse serait : « Dites-moi à quel âge vous décéderez et je vous dirai à quel âge débuter votre rente. » Bien qu’en apparence loufoque, elle demeure mathématiquement la plus juste.

Tout le monde est conscient que le report doit durer un certain temps afin de « rattraper » la situation de non-report où la rente reçue constitue autant de décaissements en moins à effectuer de ses comptes. Mais le calcul de cette période diffère d’un planificateur financier ou d’une planificatrice financière (Pl. Fin.) à l’autre.

Calculs grossiers

À mon avis, on a encore trop souvent recours à des calculs simplistes.

Par exemple, si l’on compare une rente mensuelle de 1 000 $ acquise à 65 ans à une rente de 1 588 $ débutant à 72 ans — soit une bonification de 0,7 % par mois pendant 84 mois (58,8 %) — il faut que les 588 $ supplémentaires soient versés suffisamment longtemps pour compenser les 84 000 $ non reçus durant ces sept années. En divisant 84 000 par 588, on obtient environ 143 mois, soit presque 12 années. Le point d’équilibre se situe donc autour d’un âge de décès de 83 ans et 11 mois.

En réalité, ce calcul ne serait exact que si les trois variables évoluaient au même rythme : l’inflation, le rendement et l’augmentation du Maximum des gains admissibles (MGA). Bien que ce ne soit pas théoriquement impossible, les probabilités sont trop faibles pour être considérées comme réalistes.

Par conséquent, si on désire un calcul tenant compte de la valeur temporelle de l’argent, des calculs d’actualisation doivent être effectués. Ainsi, afin de combler un coût de vie indexé (au taux d’inflation) et avec des hypothèses annuelles d’inflation à 2,1 %, d’augmentation du MGA de 3,1 % le tableau suivant peut être construit :

Âge Scénario rente à 65 ans Scénario rente à 72 ans
Rente RRQ Retrait REER Rente RRQ Retrait REER
65 1000 700 0 1700
66 1021 715 0 1736
67 1042 730 0 1772
68 1064 745 0 1810
69 1086 761 0 1848
70 1110 777 0 1886
71 1133 793 0 1926
72 1157 810 1966 0

Comme on peut le constater, la différence de rente mensuelle à compter de 72 ans s’élève à 810 $ par mois, que nous illustrons ici par un retrait équivalent du REER afin de combler les besoins. En actualisant ce montant au taux d’inflation (pour se rapprocher du calcul simplifié vu plus haut), on obtient une différence de 700 $, et non de 588 $. En substituant 588 $ par 700 $, cela raccourcirait la période nécessaire à 120 mois, soit près de deux années de moins. Dans cette optique, le premier calcul surestimerait donc de 19 % (23 sur 120) la période de survie nécessaire pour que les deux scénarios soient équivalents.

Mais un problème subsiste : ce scénario ne modifie qu’une seule variable (le taux d’augmentation du MGA) sans tenir compte du rendement du REER. Il faut donc corriger de nouveau notre calcul pour en tenir compte (à moins qu’un rendement de 2,1 % soit réaliste). Or, ce rendement agit en sens inverse, étant donné qu’un rendement plus élevé constitue un coût de renonciation plus élevé et retarde ainsi le point où le scénario de report rattrape l’autre.

Calculs détaillés

Reprenons ce tableau et ajoutons-y la PSV, le solde du compte REER d’où les décaissements proviendront (en fin de mois) et prenons une hypothèse de rendement, après frais, de 4 % par année.

Le solde initial constitue le montant nécessaire pour vider le compte au début de l’âge de 75 ans dans le scénario du report. Ceci implique qu’à compter de cet âge, moment où les rentes publiques sont stabilisées, les besoins sont comblés par ces deux rentes.

Par ailleurs, des besoins plus importants nécessiteraient des montants initiaux supplémentaires, identiques dans les deux situations, ce qui n’aurait aucune incidence sur l’analyse.

Afin de simplifier la lecture, nous convertirons les montants mensuels en équivalents annuels.

Âge Scénario rente 65 ans Scénario rente 72 ans
RRQ
PSV
Retrait REER
Solde REER
RRQ
PSV
Retrait REER
Solde REER
65
12 000
8 914
12 823
200 541
-
-
33 737
200 541
66
12 252
9 102
13 092
195 227
-
-
34 446
174 211
67
12 509
9 293
13 367
189 420
-
-
35 169
146 107
68
12 772
9 488
13 648
183 095
-
-
35 908
116 142
69
13 040
9 687
13 935
176 225
-
-
36 662
84 226
70
13 314
9 891
14 227
168 782
-
13 451
23 981
50 266
71
13 594
10 098
14 526
160 737
-
13 734
24 484
27 859
72
13 879
10 310
14 831
152 059
23 596
14 022
1 402
4 044
73
14 171
10 527
15 142
142 718
24 092
14 316
1 432
2 778
74
14 468
10 748
15 460
132 678
24 598
14 617
1 462
1 431
75
14 772
12 071
14 688
121 906
25 114
16 416
-
-
76
15 082
12 324
14 996
111 507
25 642
16 761
-
-
77
15 399
12 583
15 311
100 371
26 180
17 113
-
-
78
15 722
12 847
15 633
88 463
26 730
17 473
-
-
79
16 052
13 117
15 961
75 743
27 291
17 840
-
-
80
16 390
13 393
16 296
62 174
27 864
18 214
-
-
81
16 734
13 674
16 638
47 713
28 449
18 597
-
-
82
17 085
13 961
16 988
32 317
29 047
18 987
-
-
83
17 444
14 254
17 345
15 943
29 657
19 386
-
-
84
17 810
14 554
17 709
(1 458)
30 280
19 793
-
-

On constate donc que l’âge de croisement revient pratiquement au point initial. Nous sommes donc dans une situation où, comme on dit, « deux erreurs s’annulent ».

À noter qu’un rendement de plus ou moins un point de pourcentage, soit 3 % et 5 %, rapproche et repousse respectivement d’environ une année le point de croisement.

Bien que le solde initial du REER puisse être calculé par itérations, ce solde peut être calculé à l’aide d’une formule relativement rébarbative pour un âge de départ de 65 ans (une complexité s’ajoute dans les cas de 66 à 71 ans) :

Solde REER initial pour l’épuiser à 75 ans =


Où :

i est le taux de rendement annuel effectif du REER

f est le taux annuel d'inflation prévu

RRQ75 est la rente du RRQ prévue de la personne à l’âge de 75 ans en utilisant l’augmentation du MGA prévue avant le service et le taux d’inflation par la suite

PSV75 est la PSV prévue à 75 ans utilisant le taux d’inflation et tenant compte de la bonification de 10 % à cet âge

A est l’âge du début de l’analyse (entre 65 et 69 ans inclusivement)

PSVAct est la PSV annuelle actuelle pour une personne de 65 ans

BonifPSV est la PSV bonifiée de la personne en proportion de la PSV non bonifiée (ex : 1,36) selon le report analysé

n est le nombre d’années de report de 0 à min(7,72-A)

Une vue d’ensemble

Évidemment, dans notre exemple, on pourrait considérer que, pour un individu décédant à 84 ans, la valeur du report est nulle. En effet, d’un point de vue successoral, comme le REER nécessite un solde initial de quelque 200 000 $ qui est complètement épuisé au même âge dans les deux situations, les héritiers et héritières toucheraient des montants équivalents. Par exemple, si le solde initial du REER était de 1 200 000 $ à 65 ans, il resterait environ 1 M$ moins les sommes décaissées pour les autres besoins (plus le rendement) à la succession dans les deux cas.

Cela implique également qu’un décès après 84 ans créerait une valeur au report de la rente du RRQ alors qu’un décès prématuré rend ce report non avantageux. Par exemple, le tableau montre que, dans les dernières années, le scénario de non-report nécessite des retraits de plus de 17 000 $ par année. À ce rythme, un décès à 88 ans, soit quatre années supplémentaires, nécessiterait environ 75 000 $ de plus pour égaler le scénario du report. Pour combler ce déficit entre 84 et 88 ans, le REER devrait avoir un solde d’environ 33 000 $ à 65 ans. On pourrait ainsi parler d’une « valeur » de report, en dollars actuels, de 33 000 $ pour un décès à 88 ans.

Ainsi, chaque âge de décès correspond à une valeur distincte. Afin d’avoir une vue d’ensemble de ces valeurs, voici un graphique avec tous les âges de décès, de 75 à 105 ans avec, comme toile de fond, le même tableau ajusté et complété avec, cette fois, la rente maximale du RRQ au début 2026 de même que la PSV à jour cette année ainsi que des retraits mensuels du REER.


Comme on peut le constater, le report n’est pas intéressant si le décès a lieu avant un certain âge. Dans cet exemple, les âges correspondant aux « points morts » ou points de croisement (PC) sont les suivants : 85 ans et 2 mois pour la PSV seule, 83 ans et 5 mois pour le RRQ seul et 83 ans et 9 mois pour le total des deux.

Évidemment, l’impact du report de la rente RRQ est supérieur à celui de la PSV, car sa bonification annuelle et sa durée de report maximale sont supérieures.

Analyse de sensibilité

À partir de la situation de base présentée, une analyse de sensibilité montre notamment les impacts suivants :

  • Rendement du REER : en effectuant une régression quadratique, on découvre que l’âge au PC satisfait à l’équation suivante : PC ≈ 82 + 1336r2 + 69 r r est égal au rendement supplémentaire au taux d’inflation. Par exemple, pour un rendement théorique de 6,1 % (r = +4 %), le PC serait d’environ 86,9 ans (82 + 1336 × 0,042 + 69 × 0,04 ≈ 86,9) alors qu’il serait d’environ 81,4 ans si le taux de rendement du portefeuille était de 1,1 % (r=-1,1 %).
  • L’impact du montant de la rente de retraite du RRQ, si elle n’est pas maximale, peut être calculé avec une simple règle de trois.
  • La durée du report du RRQ, dans cet exemple, nous amène à l’équation suivante avec une simple régression linéaire : PC ≈ 76,6 +0,08 m où m est le nombre de mois de report. Par exemple, un report de trois années et demie (42 mois) mène à un point mort à l’âge de 80 ans et 0 mois (76,6 + 0,08×42 ≈ 80,0)

Un pas de plus

Une fois ces valeurs connues, on peut être tenté d’utiliser des tables de mortalité afin de calculer la valeur actuarielle (VA) du report des rentes publiques. Par exemple, en appliquant les facteurs de la table de mortalité utilisée par l’Institut de planification financière (l’Institut) pour un individu de 65 ans en 2026, les valeurs suivantes peuvent être calculées :

Report (années) VA PSV VA RRQ VA Totale
1 4 451 15 635 20 086
2 7 887 28 892 36 779
3 10 280 39 774 50 053
4 11 659 48 281 59 940
5 12 054 54 416 66 470
6 (5 pour PSV) 12 054 58 180 70 234
7 (5 pour PSV) 12 054 59 573 71 627

En poussant l’exercice pour différents taux de rendement dans le REER, en maintenant les autres hypothèses identiques, on peut construire le tableau des valeurs actuarielles totales suivantes :

Report (années) 3 % 4 % 5 %
1 26 349 20 086 14 932
2 49 122 36 779 26 665
3 68 183 50 053 35 269
4 83 508 59 940 40 824
5 95 070 66 470 43 409
6 (5 pour PSV) 102 236 70 234 44 542
7 (5 pour PSV) 106 682 71 627 43 627

Dans notre exemple, la conclusion logique serait de reporter les rentes de sept années pour des taux de rendement de moins de 5 % et de six années pour un taux de rendement de 5 %, car les valeurs actuarielles maximales se situent à ces durées respectives.

Mais il subsiste un élément important : cette façon de procéder contient un problème inhérent à l’utilisation de tables de mortalité pour un individu.

Dans un groupe, il est utile de faire ce genre de calcul à cause de la loi des grands nombres qui, en fin de compte, fait en sorte que les résultats réels devraient grandement s’approcher de ceux calculés. Mais pour un individu, cette méthode revient à le faire « mourir à petit feu », une petite partie chaque année jusqu’à extinction complète à l’âge de 115 ans, ce qui est, évidemment, absurde.

À mon avis, la bonne façon d’utiliser les tables de mortalité, dans ce contexte, est de calculer les probabilités de survivre jusqu’à certains âges et de baser ses décisions sur ces probabilités.

Pour s’en rendre compte, reprenons notre exemple en le complétant avec tous les points de croisement selon le taux de rendement espéré et le nombre d’années de report. Entre parenthèses, on retrouve le PC pour les situations illustrées et le pourcentage indique la probabilité de survivre jusqu’à ce moment.

Report (années) Âge PC @ 3 % Âge PC @ 4 % Âge PC @ 5 %
1 91,3 % (77,8) 90,5 % (78,5) 89,5 % (79,3)
2 90,2 % (78,7) 89,3 % (79,5) 88,1 % (80,4)
3 89,1 % (79,7) 88,0 % (80,5) 86,5 % (81,5)
4 87,9 % (80,6) 86,6 % (81,5) 84,8 % (82,6)
5 86,5 % (81,5) 84,9 % (82,5) 82,8 % (83,6)
6 (5 pour PSV) 85,5 % (82,1) 83,7 % (83,1) 81,2 % (84,3)
7 (5 pour PSV) 84,5 % (82,8) 82,5 % (83,8) 79,3 % (85,0)

Comme nous l’avons vu, ces PC indiquent les âges où la valeur successorale est égale à celle de la situation sans report. Ce tableau montre ainsi qu’un homme de 65 ans en bonne santé a, dans tous les cas, plus de 80 % de probabilité (davantage pour une femme) de faire un mauvais choix en ne reportant PAS ses rentes publiques (jusqu’à un rendement net de 5 %, ce qui est déjà relativement audacieux par rapport aux Normes de l’Institut.

Par conséquent, la discussion que devrait avoir le ou la Pl. Fin. avec son client ou sa cliente devrait être basée sur ces probabilités, et non sur l’application d’une table de mortalité comme on le fait pour un groupe. Ainsi, la durée de report optimale dans une situation avec un rendement de 5 % ne devrait pas aller de soi avec un résultat de six années, mais devrait plutôt faire l’objet d’une discussion autour de ces probabilités.

Pour qu’un report d’une durée X soit optimal, la personne doit décéder APRÈS le moment où le point de croisement d’un report d’une durée inférieure cesse d’être rentable, mais AVANT l’âge à partir duquel un report plus long devient plus avantageux. Ainsi, pour que la durée « optimale » de six ans du tableau précédent [avec les valeurs actuarielles] s’applique, la personne doit décéder entre deux moments précis : d’une part, celui où un report de six ans devient plus avantageux que toute durée inférieure, et d’autre part, celui où un report de sept ans commence à générer une valeur supérieure.

Pour cela, il faut avoir accès à toutes les valeurs calculées. J’en reproduis une partie ci-dessous, toujours dans un contexte de 5 % de rendement, afin d’étayer, ou non, l’optimalité d’un report de six ans.

Âge au décès Report de 4 ans Report de 5 ans Report de 6 ans Report de 7 ans
83 2 565 [4 788] [10 970] [19 334]
84 8 523 2 709 [2 340] [9 551]
85 14 317 9 999 6 051 (38)
86 19 950 17 087 14 211 9 212
87 25 428 23 980 22 145 18 207
88 30 755 30 683 29 860 26 953
89 35 934 37 200 37 362 35 458
90 40 971 43 537 44 657 43 728
91 45 868 49 699 51 751 51 769

On constate que la fenêtre de décès pour laquelle un report de six années est optimal se situe entre 89 et 90 ans, inclusivement. En effet, un décès à 88 ans aurait favorisé un report de quatre ou cinq ans, alors qu’à partir de 91 ans, un report de sept ans devient plus avantageux.

Un calcul mensuel plus précis pourrait être effectué, tant pour la durée du report que pour l’âge de décès. Néanmoins, l’approche actuelle permet déjà d’obtenir un ordre de grandeur suffisamment fiable dans le contexte présent.

Toujours en utilisant la table de mortalité de l’Institut, les probabilités, pour un homme âgé de 65 ans en 2026, de décéder dans la fenêtre de 89 à 90 — autrement dit dans les 90e et 91e années —, inclusivement, sont de 9,8 %, alors qu’elles sont de 55,5 % de décéder à compter de 91 ans et de 34,7 % de décéder avant 89 ans.

Vue sous cet angle, une période de six années de report ne semble plus aussi optimale.

Autres éléments à considérer

L’élément le plus important que nous avons ignoré jusqu’à maintenant est l’état de santé de la personne. Il est évident que si, pour une raison quelconque, son espérance de vie est réduite, les calculs que nous avons vus sont inutiles, du moins en grande partie. Une condition de santé qui n’est pas régulière ne signifie cependant pas nécessairement une réduction de l’espérance de vie. Ce point doit être discuté très sérieusement avec le client ou la cliente.

D’autre part, la fiscalité constitue également un élément à considérer. Les retraits anticipés nécessaires pour financer la période de report peuvent permettre de tirer parti des taux marginaux plus faibles, notamment en utilisant les crédits de base. En revanche, ces retraits réduisent la capacité de report d’impôt associée aux comptes enregistrés. Par ailleurs, le report des rentes peut influencer le niveau de revenu imposable à long terme et, dans certains cas, entraîner une récupération partielle ou totale de la PSV, par exemple.

Il est également important de rappeler que la capacité financière du client ou de la cliente à reporter ses rentes constitue une condition essentielle. Le report implique des décaissements supplémentaires au début de la retraite, ce qui nécessite une liquidité suffisante. Il ne serait pas approprié de recommander un report si celui-ci compromet la sécurité financière du client ou de la cliente ou l’oblige à adopter un niveau de risque inapproprié.

Idéalement, tous ces effets devraient être intégrés dans une analyse complète. Les résultats présentés dans cet article constituent un outil d’aide à la décision, permettant d’estimer rapidement l’ordre de grandeur des impacts associés au report. Ils ne remplacent pas une planification détaillée, mais ils fournissent un cadre de réflexion structuré et facilement communicable.

Conclusion

La décision de reporter les rentes publiques devrait être abordée dans un cadre probabiliste où une discussion des enjeux reliés au report devrait être menée.

Cette approche permet de mieux refléter l’incertitude inhérente à la longévité et de replacer la décision dans une perspective plus réaliste. Elle met également en évidence le rôle des rentes publiques comme outil de gestion du risque de longévité, en complément des autres sources de revenus de retraite.

Ainsi, plutôt que de chercher à déterminer un âge « optimal » de prise des rentes, il apparaît plus pertinent d’évaluer si le client ou la cliente a une probabilité significative d’atteindre le point de croisement. Lorsque c’est le cas, le report constitue généralement une stratégie favorable, tant du point de vue du revenu de retraite que de la valeur successorale.

Cette façon d’aborder la question permet de fournir au client ou à la cliente une recommandation mieux adaptée à sa situation et de soutenir une prise de décision éclairée, fondée non pas sur une moyenne, mais sur une évaluation réaliste des probabilités.

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